Je suis fan de Peter Drucker. Si vous n’avez jamais lu un de ces livres, je vous recommande particulièrement comme première lecture « The Effective Executive ». Et vous constaterez certainement que la lecture de Drucker rend le reste des autres livres de business inutiles. Il n’est pas considéré comme le penseur du management moderne par hasard.

Drucker a consacré sa carrière à essayer de résoudre la quadrature du cercle en essayant de répondre à une question cruciale et centrale de l’économie contemporaine : comment rendre la société, à la fois, plus productive ET plus humaine ? Cette question est encore au cœur des réflexions actuelles, même et surtout avec la raréfaction des ressources et les changements climatiques.

Il était persuadé que l’épanouissement personnel dans la vie professionnelle de l’individu était au cœur du développement des organisations, que ce soit une entreprise, une agence gouvernementale, un laboratoire de recherche, un hôpital ou même l’armée.

Alors que l’essentiel des économistes se concentraient sur « l’entreprise » (en tant que personne morale censée incarner l’essence même de l’agent économique ), Drucker allait à contresens : investir dans l’individu permet au groupe d’être plus fort et plus résilient !

Bien qu’il ait eu tendance à utiliser à tout bout de champ des mots comme “direction” ou “management”, les implications de sa pensée ne se limitent pourtant pas aux sens que nous donnons normalement à ces termes, mais s’étendent à toute personne dans une entreprise qui prend des décisions. Car,

« Le chimiste dans un laboratoire de recherche qui décide de suivre une piste de recherche plutôt qu’une autre peut prendre LA décision entrepreneuriale qui déterminera l’avenir de son entreprise. Il peut être directeur de recherche. Mais il peut aussi être – et c’est souvent le cas – un chimiste sans responsabilités managériales particulières, voire même un tout jeune collaborateur. À l’opposé, la décision de développer telle ligne de produits dans les comptes sera très certainement prise par un des dirigeants principal de l’entreprise. »

Nous sommes entrés depuis un moment dans l’économie de la connaissance et la façon dont ses travailleurs “découpent” le monde et en comprennent sa complexité a des conséquences qui n’ont encore que très rarement été étudiées. Car aujourd’hui nous sommes en effet TOUS devenus des entrepreneurs, simples salariés ou dirigeants confirmés. La question ici n’est pas de savoir si nous sommes d’accord avec cette assertion mais bel et bien si nous en assumons la responsabilité.

En effet, la « vision » selon laquelle la réussite ou l’échec d’une organisation repose sur l’ensemble des choix et des comportements (aussi bénins soient-ils) réalisés par ses parties prenantes est une révolution conceptuelle qui n’est pas encore enseignée dans nos écoles de management. Le nouveau paradigme du leadership qu’il faut « investir dans l’humain » et enseigner l’entrepreneuriat non plus.

Peter Drucker pensait pourtant qu’il existait une série de comportements, simples mais encore contrintuitifs au moment où j’écris ces lignes, qui pouvaient rendre tout individu productif ou efficace pour une organisation.

« Comme me disait mon ancien professeur de piano avec exaspération quand j’étais petit garçon : “vous ne jouerez jamais Mozart comme Arthur Schnabel, mais il n’y a aucune raison pour que vous ne jouiez pas vos gammes comme il le fait.

… Il n’y a, en d’autres termes, aucune raison pour que quiconque possédant une intelligence normale n’acquière pas quelque compétence dans une pratique donnée. La maîtrise complète de l’art pourrait naturellement vous échapper puisqu’il est souvent nécessaire d’avoir un petit truc en plus pour réussir … Mais ce qui est nécessaire pour être efficace, ce sont les compétences. Et les compétences, ça s’apprend. »

Selon Peter Drucker donc, il y a 5 compétences (cinq habitudes de l’esprit) qui devraient être développées pour devenir un dirigeant / entrepreneur efficace. Ces cinq compétences sont les cinq axes que tout entrepreneur doit intégrer s’il veut espérer passer à l’action un jour et devenir un leader dans son domaine.

  1. Les entrepreneurs / dirigeants efficaces savent exactement comment ils utilisent leur temps. Ils travaillent systématiquement à gérer le peu de temps sur lequel ils ont un contrôle quelconque.
  2. Les entrepreneurs / dirigeants efficaces recherchent avant tout l’impact. Ils orientent leurs efforts sur les résultats plutôt que sur le travail. Ils commencent le travail avec une seule question en tête : « quels résultats attend-on de moi ? ». Ils ne s’embarrassent jamais de liste To Do (pas encore à ce stade), encore moins du choix des outils à utiliser.
  3. Les entrepreneurs / dirigeants efficaces s’appuient sur les forces : leurs propres forces, les forces de leurs supérieurs, de leurs collègues ou subordonnés ainsi que sur les points forts de la « situation », c’est-à-dire sur ce qu’ils peuvent faire avec certitude. Ils ne s’appuient pas sur les faiblesses (comme beaucoup de managers toxiques de ma connaissance, malheureusement …). Ils ne se lancent jamais dans l’aventure en commençant par des choses qu’ils ne peuvent pas faire.
  4. Les entrepreneurs / dirigeants efficaces se concentrent sur les domaines où une sur-performance produira des résultats exceptionnels. Ils se forcent à fixer des priorités et à respecter leurs décisions. Ils savent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de faire ce qu’il faut en premier, sous peine de ne rien faire du tout.
  5. Les entrepreneurs / dirigeants efficaces font des choix efficaces. Ils maîtrisent la pensée systémique : des étapes cohérentes dans une séquence logique. Ils savent qu’une décision efficace est toujours un jugement fondé sur des « opinions dissidentes » ou alternatives plutôt que sur un « consensus sur les faits » (j’y reviendrai dans un prochain post). Et ils sont donc conscients que prendre rapidement de nombreuses décisions signifie souvent de prendre de mauvaises décisions ; mais ils l’assument. Il est donc vital de prendre peu de décisions, mais fondamentales. Se concentrer sur la bonne stratégie (globale) plutôt que sur des tactiques brillantes mais qui ne font plaisir qu’à notre égo.

Ces réflexions peuvent paraître simplistes ou frappées par le sceau du bon sens. Et dans un sens, elles le sont. Mais très peu de gens sont réellement capables de les mettre en œuvre, malgré le fait qu’elles produiront des résultats incroyables. En travaillant de la maison sur mon projet de chaine Youtube en Micropreneuriat, je m’aperçois tous les jours de l’importance de savoir organiser son temps et de rechercher l’impact dans tout ce que je fais. Facile à dire mais pas toujours évident de rester régulier et de faire les bons choix.

J’y reviens fréquemment dans mes posts et j’y reviendrais encore. Agir. Apprendre. Construire. Répéter. C’est la méthode, simple et efficace, le mantra, de tout entrepreneur (et de tout leader) à mettre en place dans les prochaines années. Ce sera surtout le quotidien de tous les travailleurs (c’est à dire de tous ceux qui utilisent leur force de travail) qui désirent reprendre en main leur vie professionnelle et personnelle. Celui ou celle qui n’aime pas apprendre, découvrir ou s’améliorer est déjà en sursis. Professionnel. Et donc personnel si l’on en croit Peter Drucker.

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