… selon une étude étude réalisée par l’université de Scranton aux États-Unis1.

J’imagine que cela ne vous a pas échappé. Des industries entières se sont développées sur ce simple constat. Les salle de gym vendent des tonnes de forfaits annuels en sachant pertinemment que 75% des nouveaux inscrits ne remettront jamais les pieds dans leurs locaux (même si la situation sanitaire actuelle devrait modifier profondément les modèles d’affaires de ces industries).

Pendant des années, je me suis assis consciencieusement devant une feuille blanche à la fin de chaque année, me demandant ce que je voulais vraiment réaliser pour la période qui s’ouvrait devant moi. Je me sentais bien après ça. Une bonne grosse satisfaction du travail accompli et beaucoup d’assurance en moi.

Quelques semaines à peine après le début de l’année, je réalisais déjà que j’étais dans les choux, qu’il était peu probable que je réussisse jamais mon super plan d’attaque.

Parfois, c’était juste parce que je ne faisais pas ce que je m’étais promis de faire. Le plus souvent, parce que de nouvelles opportunités passaient par là et changeaient complètement les plans que j’avais minutieusement préparés.

Attention, je ne dis pas que faire des plans et réfléchir à ses résolutions ne sert à rien. Je pense au contraire que c’est un exercice de vision tout à fait acceptable voire nécessaire si on ne le fait qu’une seule fois par an.

J’en suis arrivé à me dire que le problème était certainement mon approche de la planification. On en reparlera dans les prochains articles mais je vends des plans d’affaires pour vivre. Je les vends de deux façons différentes :

  • j’aide les entrepreneurs à réaliser leur planification stratégique et à rédiger leurs plans d’affaires pour lever des fonds ou en vue de partenariats stratégiques;
  • j’enseigne l’entrepreneuriat aux étudiants de collèges et d’université et un des passages obligés est d’expliquer à quoi sert et comment rédiger un plan d’affaires;

Après toutes ces années à rédiger des pages et des documents qui n’ont jamais été lues, j’en suis arrivé à la conclusion que l’approche que nous utilisons (presque) tous pour planifier et définir nos objectifs n’est plus la bonne.

Et ce, pour trois raisons principales :

1- Ça nous donne la marche à suivre sans prendre en compte ce sur quoi nous devrions porter notre attention

Je m’explique. Ma première question quand on me demande « est-ce que je me concentre sur les bons paramètres pour développer mon business ? » ou « quelle est la meilleure manière de prioriser mes objectifs ? » est qu’est-ce que vous entendez par « bon » ou par « meilleure » ?

La partie la plus délicate de la planification est de décider sur quelle partie on va concentrer notre attention, pas de trouver des solutions. Autrement dit, poser la question est déjà y répondre.

« Quelle est le meilleur plat dans votre menu ? » dépend essentiellement de votre définition du bon goût. Si votre définition sous-entend un plat épicé par exemple, la question est relativement simple à résoudre : vous demandez au serveur quels sont les plats les plus relevés et la boucle est bouclée.

La plupart d’entre nous sont nés et ont grandi dans des organisations paternalistes  ou des structures hiérarchiques très marquées où on vous dit ce qui est « bon » ou « meilleur ». Ces organisations peuvent être des écoles où « bon » veut forcément dire « avoir de bonnes notes » dans des matières qui sont « importantes ». Généralement les maths et le français. Ça peut aussi être dans des entreprises où votre boss vous explique ce que « bon » veut vraiment dire …

Quoiqu’il arrive, avec les années et l’expérience viennent les responsabilités de définir ce qui est bien ou pas. Et c’est là que les ennuis commencent : personne ne nous a jamais vraiment appris à prioriser nos actions ex nihilo.

Si vous cherchez à élargir votre portefeuille de clientèle pour votre société de conseils, est-ce que vous devriez rédiger un « white paper » ? Devriez-vous faire acquérir des listes d’appel (cold calls) ? Devriez-vous essayer d’obtenir des places de conférenciers dans des évènements où tout le monde se presse ? Ou bien devriez-vous vous concentrer sur vos clients existants et leur demander des références quand vous les avez « sur satisfaits » ? Peut-être devriez-vous faire tout ça en même temps ? Mais dans quel ordre ? Combien de temps attribuer à chaque tâche ? Comment savoir si une activité ne fonctionne pas et quand il serait temps de changer ?

2- Ça ne nous aide pas à distinguer les vraies opportunités des « étoiles filantes»

Il existe un phénomène qu’on pourrait traduire par « étoile filante». Un étudiant m’a récemment écrit pour me raconter son problème. Je crois qu’il a compris le sens exact de l’expression :

Peut-être vous reconnaissez-vous dans ce message 🙂 Personnellement, je suis resté bloqué dans cette posture pendant des décennies.

On nous apprend à rester concentrer sur une tâche bien précise et à bloquer toutes les autres options. Il est possible que ce soit efficace à court terme mais cela nous mets aussi dans la position d’ignorer toutes les autres opportunités qui se présente et à nous.

Une étude récente sur les commerciaux qui font plus de 200.000 € par an de revenus (liés à leurs ventes) montre que les vendeurs les plus talentueux ont tous un point en commun : la rapidité d’implémentation. Plus exactement, le temps que ça leur prend pour passer de l’idée à l’action. Autrement dit, ils « chassent » les étoiles filantes. Ceux qui identifient les meilleures opportunités et qui agissent rapidement pour les mettre en place sont ceux qui, en règle générale, gagnent.

Même s’il est vrai que les gens qui partent à la chasse aux étoiles filantes, comme on irait à la chasse aux papillons, ne font jamais de vrais progrès non plus … Il faut pourtant être prêt à changer de trajectoire quand de grosses opportunités frappent à la porte. Mais comment sait-on quand on doit « pivoter » et quand on doit continuer à tracer son sillon ?

Enfin, la dernière raison paraitra familière à tous les créatifs qui doivent gérer quotidiennement ce genre de situation.

3- On sait ce qu’on doit faire mais on ne le fait pas quand même

Avez-vous déjà pris un abonnement au Gym du coin et ne plus y avoir remis les pieds au bout de deux séances ? Avez-vous déjà laissé tombé un régime, des cours de yoga ou des séances de méditation ? Avez-vous déjà eu une vision précise de la personne que vous voudriez être, du travail qu’il vous reste à faire ? Êtes-vous un entrepreneur qui ne se lance jamais en affaires ? Un écrivain qui ne finit jamais d’écrire ses bouquins ?

Alors vous savez certainement ce qu’est la Résistance. La Résistance est un concept développé par Steve Pressfield dans « The War of Art ». Dans ces mots, cela donne (traduction personnelle) :

La plupart d’entre nous avons deux vies. La vie vécue et la vie qu’on aimerait vivre. Entre les deux, il y a la Résistance.

On pourrait considérer la Résistance comme une partie du Mental émotionnel en action. Ce n’est pas difficile de faire une conférence devant une salle pleine à craquer : on se met au milieu de la scène et on parle. La réalité est légèrement différente et la “Résistance” n’est jamais bien loin …

La première fois que j’ai du animer un atelier pour C2 Montréal devant une salle de 150 professionnels créatifs et exigeants, j’ai eu du mal à dormir la nuit qui précédait l’évènement. J’avais vraiment l’impression que tout le monde allait voir que j’étais un imposteur. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je parlais devant un auditoire exigeant.

Ce sentiment est l’expression même de la Résistance.

Pourtant, la plupart des livres de productivité et de développement personnel n’évoquent même pas le concept.

Les personnes qui ont le plus de succès ne sont pas celles qui travaillent le plus fort ou celles qui sont les plus intelligentes mais celles qui travaillent courageusement, malgré les effets de la Résistance.

Tout ceci vous rappelle quelque chose ?

C’est peut-être la raison d’être de ce blog : travailler et rechercher les solutions à ces problèmes et apporter des solutions qui peuvent vous bénéficier.

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à vous abonner à ce blog. Je vais poster d’autres articles, des vidéos et des outils qui pourraient vous intéresser et vous aider dans votre recherche et votre développement personnel.

J’adorerais aussi lire vos commentaires et les questions que vous pourriez avoir. Ça me donnerait des idées pour d’autres articles.

Meilleurs voeux pour 2021 en attendant ! Qu’elle soit plus productive et plus sereine que l’année très bizarre qui vient de s’écouler.

  1. https://www.statisticbrain.com/new-years-resolution-statistics/ ↩︎

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