Avant-propos :

Cet article contient plus de 5.200 mots et vous mettrez environ 21 minutes à le lire. Si vous cliquez sur les liens, il vous faudra certainement près d’une heure pour aller au bout des ressources présentées. Aussi, c’est un article que je mâchouille depuis près de 8 mois … J’ai essayé de le rendre lisible et interactif pour ne pas vous faire perdre votre temps. Vous me direz ce que vous en pensez. C’est un pari pour savoir si les lecteurs sont intéressés par les contenus fouillés et structurés.

Je n’ai pas non plus la prétention d’avoir écrit L’article ultime pour que vous deveniez le prochain Dostoyevsky mais on peut supposer que ceux qui sont intéressés par les enjeux émergents du « blogging » et de la création de contenu sur le web devraient trouver leur bonheur.

Il s’adresse d’ailleurs essentiellement à tous les types de « concepteurs-rédacteurs » (terme français pour « copywriter »), de rédacteurs de contenu pour les blogs ou même pour les écrivains (autres formes littéraires) en herbe. Plus largement, à tous ceux qui, à un moment ou à un autre, doivent organiser leurs pensées pour rédiger un contenu cohérent.

J’ai en outre essayer de vous accrocher avec un titre plein de confiance sur les 6 étapes « indispensables » à la rédaction de contenu. J’aurais pu / du l’appeler « organiser votre pensée pour rédiger plus facilement et en confiance ». Je trouvais que ça claquait moins fort et que je ne répondais pas vraiment à la question primordiale « qu’est-ce que je peux trouver là-dedans qui va m’aider à coup sûr ? »

Concrètement, vous allez trouver des astuces et des liens vers des petits logiciels qui vont faciliter vos recherches et votre rédaction. N’ayez pas peur non plus, si vous ne les installer pas tout de suite sur votre ordinateur, vous pourrez continuer à travailler comme vous le faisiez avant sans que la qualité de votre contenu en soit affecté. Vous trouverez un récapitulatif en fin d’article sur tous les outils et leur fonction principale dans le processus présenté.

Je donne ici tous les petits trucs que j’utilise quotidiennement. Ils m’ont servi à augmenter ma productivité rédactionnelle et à livrer des articles comme celui que vous lisez actuellement. Ces « trucs » fonctionnent pour moi et je vous les montre à titre indicatif. À vous de trouver les vôtres et d’optimiser votre flux de travail. En définitive, cet article est bien plutôt un guide pour vous lancer en confiance dans l’aventure de l’écriture.

1- Nait-on écrivain ?

«  Le doute peut être un allié et un révélateur. Il sert avant tout d’indicateur de vos aspirations. Il reflète l’amour et le désir de quelque chose que nous rêvons de faire ainsi que ke désir de le faire réellement. Si vous vous demandez (ainsi qu’à vos amis) : suis-je vraiment un écrivain ? Suis-je vraiment un artiste ? Il y a de fortes chances que vous le soyez déjà. »

The War of Art

Quiconque a déjà essayé d’écrire les premières pages de son roman sait de quoi je parle : quand ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment. On peut essayer, se forcer, s’attacher à notre chaise. Le résultat n’est souvent qu’une bouillie infâme de mots sans queue ni tête.

Mais ce que les gens ne comprennent pas, c’est que la « résistance à l’écriture » n’est pas en soi bien différente de la résistance à d’autres compétences. Pensez à l’apprentissage des maths au secondaire par exemple … On me dira qu’il n’y a pas vraiment de solution pour les cancres et qu’on ne peut pas transformer un âne en cheval de course. Je rétorquerais que l’antidote à la « résistance », en règle générale, est certainement la pratique et la méthodologie. Il n’y a donc pas de mauvais élèves, il n’y a que des mauvais profs …

La pratique rend familière toute tâche apparemment impossible à réaliser. Vous pouvez donc apprendre à écrire. Cet article a pour but d’inspirer l’écrivain contrarié qui est en chacun de nous. Comme disait mon copain Aristote, « l’excellence est un art que l’on n’atteint que par l’exercice constant. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas une action mais une habitude ».

La première étape pour devenir « écrivain » consiste à reconnaitre qu’il n’existe aucune définition quantitative de l’écrivain lui-même. La définition de Wikipédia est très vague et nous parle « d’une personne qui est habile dans l’art d’écrire (…) ». Elle nous dit même que c’est un « scribe de sa propre production ». Autrement dit, un écrivain est celui qui écrit. Intéressant non ?

2- Écrire c’est penser

Nous sommes donc tous des écrivains parce qu’on a appris à écrire à l’école. Mais combien d’entre nous « écrivent » vraiment, avec des verbes, des sujets et des compléments ? À l’ère du texto-roi, on peut imaginer qu’il y ait un certain manque de pratique. Car, oui, l’écriture, comme tout le reste, est un muscle qui peut être entrainé et intégré dans une routine habituelle qui nous donne de la force et de la souplesse. Parce qu’à la base, l’écriture est simple : c’est une méthode de partage de vos pensées.

Ce que la plupart des gens ne réalise pas, c’est que ce n’est pas l’écriture qui est difficile. C’est la pensée derrière l’écriture.

L’écriture est avant tout un outil pour nous permettre de clarifier et de communiquer nos pensées. En écrivant, vous vous forcez à penser de manière critique et à faire travailler des parties de votre cerveau qui dorment depuis un bon moment. D’après mon pote Einstein, « si vous ne pouvez expliquer quelque chose simplement, c’est que vous ne l’avez pas bien compris » (ça ressemble beaucoup à la citation de Boileau sur « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » mais Boileau était bien moins cool que mon pote Einstein).

En tentant de rédiger une bafouille, vous transformez donc de vagues idées disparates (extérieur) en concepts clairs et compréhensibles (intérieur). Ceux qui me connaissent savent que je parle beaucoup ces derniers temps de « l’ère de la transformation » et de l’importance que les écrivains vont avoir dans la société de l’Intelligence Artificielle qui arrive à grands pas. J’en parle notamment dans cette vidéo au point #10 (à 9’00 très exactement).

Ce qui est moins souvent abordé est que le fait qu’avoir un point de vue clair, unique et réfléchi réduit considérablement la charge mentale nécessaire à la mise en action de la rédaction.

« C’est par l’écriture que nous exerçons notre capacité de penser ; ce ne sont pas des tâches qui s’excluent mutuellement. »

Gramarly

3- Réduire l’énergie nécessaire à la mise en action

L’écriture, et la réflexion qui y est associée, sont les deux faces d’une même pièce. La pensée critique mène à une rédaction de qualité, ce qui conduit à une réflexion plus claire et ainsi de suite. En améliorant votre processus de rédaction, vous améliorez également votre capacité à penser. Et à définir des idées qui ont de l’impact.

Comme nous le savons (peut-être pas encore) tous, les idées innovantes mènent bien souvent à la disruption. J’en parle d’ailleurs dans cet article formidable 🙂

Si on ajoute la notion d’idéation au processus, on arrive au schéma suivant qui ressemble beaucoup à celui du Lean Startup (Apprendre – Produire – Mesurer). Sauf que celui-ci est plus « intellectuel » et concerne la façon dont nous devons « construire » notre pensée. Car oui -scoop !-, contrairement à ce que nous disaient nos enseignants, une pensée se construit et ne nait pas de façon magique dans un endroit spécial de l’univers …

Cycle Écriture <> Réflexion

Bon, la question qui vous brûle les lèvres doit être : « Tout ça c’est bien beau mais comment je démarre la machine ? Comment j’active le processus ? » J’y viens, j’y viens.

Le cycle écriture <> réflexion (autrement appelé CER par son créateur ie votre serviteur) décrit plus haut est puissant et noble. Et vous allez comprendre pourquoi rapidement. Imaginez que je sois votre boss et que je vous demande dès potron-minet (le matin au réveil en quelque sorte) de me rédiger un article pour la fin de la journée. Outre l’aspect hyper stressant de ce genre d’injonction, je suis certain que je pourrais réduire votre charge mentale en vous demandant de faire deux choses très simples : 1) établir un processus d’idéation et 2) extraire les concepts clés de vos idées.

Vous me rétorqueriez pourtant que, vue la période de temps qui vous est impartie, vous ne pourriez pas faire les deux. La tendance naturelle irait naturellement vers « la production de l’article » (2) drainant un maximum d’énergie sans vraiment réfléchir au « pourquoi » vous faites cet article (1). En fin de compte, vous finiriez la journée totalement épuisé et vous vous diriez que vous n’êtes vraiment pas fait pour l’écriture, que la rédaction de votre premier roman attendra bien encore un peu.

Et si la solution était de mettre en place le processus itératif (le fameux CER, vous vous souvenez) bien en amont et de le répéter plusieurs fois (itération) ? L’écriture en elle-même ne serait alors que le résultat d’un processus de réflexion, de recherche et d’organisation.

Croyez-moi, j’ai essayé de rédiger des oeuvres extraordinaires d’un seul trait et, à la relecture, elles ont toutes fini en confettis dans ma poubelle. J’ai alors réfléchi à la mise en place d’un processus qui me permettait de gérer l’écriture (et la réflexion) dans sa globalité, tout en essayant de réduire l’énergie mentale nécessaire à ce genre d’exercice. Parce que oui, j’assume, je suis fainéant.

4- Mettre en place un processus d’écriture

L’écriture est, par définition, un processus extrêmement personnel et subjectif. Je n’ai donc pas la prétention d’avoir trouvé une méthode universelle qui vous permettrait d’être immédiatement repéré par l’Académie Goncourt.

Si vous deviez ne retenir qu’une chose de cet article, c’est « l’esprit » des étapes que je vais mentionner. Il devrait vous permettre (l’esprit) de définir votre propre processus. Bref, ce qui fonctionne pour vous.

Dans un premier temps, je me suis posé la question « quel environnement intellectuel pourrais-je créer qui me rendra la tâche plus facile ? »

Pour ma part, la réponse a été ces deux idées-clés :

  • Dissociation des étapes – process
  • Concentration sur un seul objectif – output désiré (exemple : la qualité, le SEO, la rapidité, l’impact, le style, la profondeur, la recherche, …)

Je m’explique.

Comme je l’ai déjà annoncé dans le titre de cet article, j’ai intentionnellement séparé mon processus en 6 étapes pour optimiser mon niveau d’énergie et réussir à finir les articles que j’entreprends.

Je n’ai en effet pas toujours le courage ou le temps de faire (actif) les choses intégralement tout de suite. Je me laisse donc du temps pour réfléchir, pour infuser la mouture comme on dit. Le principe est de mettre en place l’ensemble des éléments nécessaires afin d’établir une ligne de pensée claire et d’être efficace quand on se concentre pour écrire.

5- Les 6 étapes du processus de rédaction

  • Idéation – Passif
  • Repérage – Actif
  • Brouillon – Actif
  • Arbitrage (idées) – Passif
  • Recherche – Actif
  • Rédaction – Actif

Ce jeu de ping-pong entre les phases actives et passives pourra paraitre chaotique à certains mais ça a été la clé pour l’augmentation de ma créativité et de ma productivité. C’est ce gars-là qui m’a mis sur la voie avec ses quatre vidéos sur la « Remix Method ». Identifier les étapes d’un processus de réflexion est fondamental quand la créativité est le facteur clé de succès de votre métier.

Il existe d’ailleurs de outils qui vous aideront dans ce processus de rédaction (qui s’apparente beaucoup à une peinture impressionniste finalement). Vous pouvez allez jeter un oeil sur « Draftback », une extension de Google Chrome pour ceux qui écrivent sur Google Docs. C’est une sorte de machine à remonter le temps qui vous permettra de « revenir en arrière » au fur et à mesure que vous avancez dans la rédaction de votre article. Elle vous permet de littéralement voir le moment où les idées et les liens se sont créés. Très impressionnant.

Il est en effet nécessaire de trouver des outils qui vous permettent de « réfléchir » (comme un miroir) sur ce que vous écrivez et les améliorations que vous apportez à chaque fois. Personnellement, ça m’aide à entretenir mon processus itératif. Certains articles sont rédigés rapidement ; d’autres peuvent prendre jusqu’à 6 mois pour aboutir. J’ai commencé cet article (celui que vous lisez) en juillet 2019 par exemple et je le mettrai en ligne quelque part vers la fin février 2020.

Exemple de rapport de collaboration pour un article avec Draftback

6- Étape #1 : Idéation – Passif

La première étape de mon processus est passive. À dessein. Afin de mettre en marche ma boucle itérative (le CER, voir plus haut), j’envoie une invitation à mon cerveau droit afin qu’il note tout ce qui peut l’intéresser. Plus précisément, je lui demande de relever tout ce qui pourrait exister à l’intersection de 1) ce qui l’intéresse, 2) dont la réponse n’existe pas encore sur la toile et 3) à laquelle je pourrais apporter une contribution particulière.

Définition de l’lkigaï de l’idée

Je m’adresse ici plus particulièrement à tous ceux qui voudraient démarrer un blog. De nos jours, la barrière à l’entrée est si basse que vous pouvez lire à peu près tout et surtout n’importe quoi. Il est inutile, je crois, de passer du temps à écrire du contenu qui ajouterait à la médiocrité ambiante. C’est pourquoi, avant de commencer à rédiger quoi que ce soit, je me demande toujours « si je peux trouver facilement la réponse sur internet ? » et si non « pourquoi personne n’a-t-il encore jamais écrit dessus ? » La deuxième question est d’une importance capitale.

Si les réponses à ces deux questions sont satisfaisantes, je me lance dans le CER. J’évite au maximum de publier un article qui n’apporte rien de plus que ce qui existe déjà. Et ce n’est pas par pure bienveillance. Quand on désire créer une communauté, c’est beaucoup plus difficile d’avoir l’attention qu’on mérite avec un contenu moyen. C’est aussi plus difficile de rédiger sur un sujet qui ne nous intéresse pas … Rendez-vous donc service en vous demandant si « vous pouvez contribuer de manière unique à la question que vous vous posez ».

Par exemple, je n’aurais aucun intérêt à raconter au monde que la pratique du travail à domicile est en croissance dans les pays occidentaux (tout le monde le sait et il existe déjà des milliers d’articles traitant du sujet). Je pourrais par contre aborder la question sous l’angle des personnes peu ou pas qualifiées. Quelles sont les difficultés que ces personnes vont rencontrer pour travailler de chez elles ?

Vous l’aurez compris, se poser les bonnes questions est crucial pour démarrer le processus d’écriture du bon pied. Si vous êtes intéressés par l’art de la « questiologie », je vous recommande vivement cette conférence TED de Frédéric Falisse.

Bon, il est temps maintenant d’ouvrir une page Google Docs (ou votre carnet à spirales (pour les amoureux des systèmes analogiques) et d’y consigner les premières idées sur le sujet que vous avez retenu. Si vous le sentez bien, n’hésitez pas à jeter plus que des idées et mettez-vous à rédiger. Parfois, quand l’inspiration est là …

En fait, ce qui entre dans ce document peut varier énormément. Ça peut aller du simple lien hypertexte d’un article que vous avez lu à des systèmes complexes dessinés à la va-vite sur le coin d’une table (voir ci-dessous).

Dessin rapide d’un projet entrepreneurial sur mon cahier à spirale 🙂

Pour ma part, les idées d’articles viennent d’à peu près partout : conversations, livres, articles (essentiellement en anglais), expériences personnelles et recherches hasardeuses sur le web pendant mes travaux universitaires.

Je peux aussi avoir un style d’enseignement un peu provocateur. Le but pour moi est de pousser les étudiants à réagir et à m’exprimer leur « désaccord ». Ça me donne souvent des pistes pour développer de nouveaux concepts et, assez souvent, des sujets d’articles à rédiger.

7- Étape #2 : Repérage – Actif

L’étape du repérage consiste essentiellement à ajouter des idées et du contenu à la feuille que j’ai ouverte sur Google Docs. J’en profite aussi pour faire des recherches sur les « mots-clés » que je suis susceptible d’utiliser (processus à améliorer pour ma part à l’heure où j’écris ces lignes, ndlr).

Pour deux raisons principales :

  1. Je veux savoir quel est le potentiel de l’article que j’écris.
  2. Je recherche les mots-clés secondaires qui pourraient influencer la rédaction de mon article.

Beaucoup de choses ont été racontées à propos du SEO (Search Engine Optimization ou Optimisation des Moteurs de Recherche). Notamment que les algorithmes de Google changent tout le temps et que les « bons » consultants en SEO se font des fortunes. J’ai surtout remarqué que l’ensemble des articles qui traitent de ce sujet, parlent d’optimisation du SEO une fois que l’article est rédigé. On parle ici d’une stratégie « push » alors que si on utilise le SEO en « pull » (on fait des recherches avant de rédiger l’article), on peut avoir des renseignements cruciaux qui vont influencer fortement la rédaction de notre sujet.

Connaître les volumes de recherche pour les mots-clés de mon futur article me permet de voir ce que les gens recherchent en ce moment. S’il n’y a aucun volume de recherche et que je pense pouvoir apporter un point de vue original, j’y vais quand même, mais sans me mettre la pression. Je cherche par contre à savoir pourquoi personne n’est intéressé par un sujet qui m’interpelle … Comme dirait l’autre, « timing is everything ». C’est aussi le cas pour le copywriting 🙂

Sans entrer dans les détails (j’y reviendrai dans un prochain article), je peux vous partager que je suis encore au tout début de l’utilisation de ces outils : Ahrefs, Keyword Planner et Keywords Everywhere. Petit faible pour le dernier, même s’il est en anglais. Vous l’aurez remarqué, les informations sont payantes et, pour ma part, ces outils constituent le véritable portail d’entrée vers la profession de « copywriter ».

J’en parle dans ce superbe article sur les 4 prochaines étapes de la création de contenu : il y a un double mouvement de démocratisation de l’écriture (accessible à tous) et une complexification des outils (technologiques) pour que votre production puisse exister en tant que telle.

Il est temps maintenant d’ouvrir votre Google Sheets qui sert de sommaire à tous vos articles en cours, à rédiger ou même déjà publiés et de créer un tableau interactif qui comprend les colonnes suivantes :

-Titre de l’article

-Mots clés utilisés

-Volume de recherche sur ses mots clés (obtenus avec l’extension Chrome de Keywords Everywhere par exemple)

-Lien vers l’article en rédaction (sur Google Docs par exemple)

-Sujet principal dont traite l’article

-Date de début

-Date de fin (réelle ou prévue)

-Statut de publication

Vous allez bientôt y voir plus clair !

8- Étape #3 : Brouillon – Actif

À ce stade, j’utilise un mélange d’idées (brutes, non vérifiées) et de recherche SEO pour créer un brouillon. C’est souvent une succession de « bullet points » qui me permet d’organiser ma pensée sous forme arborescente. Il contient de 3 à 6 rubriques principales avec des sous-rubriques que je viens agrémenter avec le temps et les itérations.

Il est important de commencer rapidement le brouillon de vos idées qui servira de base pour la prochaine étape de « l’arbitrage » des idées. Vous pouvez utiliser la méthode et la langue que vous désirez pour vous exprimer. Mais il est crucial que votre brouillon devienne digital à un moment donné : vous allez pouvoir le compléter à loisir quand vous en aurez l’occasion.

Encore une fois, pour des raisons pratiques, j’utilise Google Drive pour classer mes idées et avoir accès à tous mes documents (même en mobilité) et Paper de la suite Dropbox pour travailler de façon interactive sur mes brouillons.

Réflexion en cours sur l’impact du web sur notre communication et l’utilisation de mots intraduisibles

9- Étape #4 : Arbitrage des idées – Passif

Une fois le brouillon créé, j’entre avec délectation dans la quatrième phase de mon processus : l’arbitrage des idées. Malgré le nom un peu bizarre de cette étape, je pense qu’elle est primordiale pour réussir à écrire des articles avec un fort impact.

L’objectif ici est de laisser décanter tout le matériau qu’on a accumulé. Il est temps de faire travailler notre subconscient. Dès que vous donnez l’ordre à votre cerveau de se relâcher et de « recevoir », vous pouvez être certain qu’il fera des liens que vous ne pouviez même pas imaginer. C’est la phase de « pollinisation » et elle peut durer des mois.

Si je tombe sur un article ou une citation intéressante et qui donne un point de vue unique ou novateur sur un des sujets que je traite, je fais attention à le cataloguer au bon endroit ou à le « surligner » pour m’en servir le moment venu.

Pourquoi je parle de « surligneur » pour cette étape de « réception » ? Tout simplement parce que j’utilise deux outils absolument géniaux qui m’épargnent tracas et temps :

  • J’ai nommé Readwise qui synchronise toutes mes notes et les faits marquants relevés lors de mes lectures sur mon iPad ou même sur le site GetPocket (sauvegarde des articles et des lectures que je fais sur le web – disponible sur les cellulaires, les tablettes et sur les navigateurs). En un clic, toutes les citations sont synchronisées et je peux les distribuer aux brouillons respectifs.
  • Et une extension de Google Chrome (encore), Weava Highlighter, qui me permet de prendre des notes et de « stabiloter » littéralement les pages des sites web que je visite. J’utilise cet outil pour stocker mes remarques et les liens que je fais à l’instant de la lecture. J’y reviens périodiquement et ça me permet « d’augmenter » mon processus d’écriture avec des idées et des liens que je n’aurais pas pu faire si j’avais du noter les citations à la main sur un carnet à part.

Exemple de notes prises avec Weava

Pour être tout à fait honnête, quand j’ai commencé à écrire des articles, je prenais des notes sur mon cahier à spirale ou je dictais des idées sur Google Keep mais cela nécessitait un gros de travail de réécriture, de tri et d’arbitrage justement. Je n’allais pas jusqu’au bout pour cause de flemme aigüe ou d’incapacité totale à relire mes notes. Je sais que j’ai perdu une quantité considérable de liens et d’idées.

Ce nouveau processus me permet donc d’être plus efficace et de dessiner rapidement les contours d’un article en écrivant les liens que je fais en lisant « au fil de l’eau ». Pour en revenir à l’article sur les 4 prochaines étapes de la création de contenu, il est clair que le technologie peut nous faciliter la vie, même pour les tâches traditionnelles comme l’écriture. Il s’agit d’inventer et de créer un nouveau flux de travail avec des outils qui viennent nous aider dans les moments stratégiques de notre flux de travail.

Cerise sur le gâteau : je commence à avoir une belle bibliothèque de notes que je peux utiliser pour mes cours ou mes conférences. Mon travail d’écrivain s’apparente de plus en plus à aller capter la valeur et les nouvelles idées en lisant. Pour une personne curieuse comme moi, je peux vous assurer que ce n’est pas vraiment un « travail », au sens tripalium du terme …

Visuel de l’arbitrage des idées

10- Étape #5 : Recherche – Actif

Il faut bien se rendre à l’évidence qu’un article, aussi génial soit son auteur, a souvent besoin d’un peu plus de quelques Tweets ou citations pour faire autorité. Je pense qu’il est important à cette étape d’aller valider les éléments les plus problématiques ou flous par de véritables recherches. J’entends par recherche ce qu’on vous a appris à faire quand vous étiez au lycée ou au CEGEP : différentes sources, papier ou en ligne, comme bon vous semble.

C’est certainement le moment du processus où vous allez tomber sur une étude ou une thèse hyper pointue qui apportera une lumière scientifique à ce que vous chercher à démontrer.

N’hésitez pas non plus à vous arrêter quelques instants, prendre une marche ou même faire un peu de méditation. Vous devez avoir les idées claires et un point de vue forgé dans l’airain de ce que vous cherchez à transmettre.

C’est une phase plaisante car elle vous permet « d’apprendre en écrivant » : vous construisez non seulement sur votre intuition et votre intention mais aussi sur le travail, souvent incroyable, de ceux qui vous ont précédé.

« Pour écrire un grand livre, vous devez d’abord devenir le livre. »

Atomic Habits

11- Étape #6 : Écriture – Actif

Enfin, la partie que vous attendiez avec impatience, Mesdames et Messieurs ! Il est temps de s’attaquer au plus difficile : l’écriture.

Je commence la rédaction d’un article quand j’ai accumulé quelques milliers de mots dans mon brouillon à partir de ce que j’ai appelé « notes et citations » au cours de cet article. Pourquoi j’attends aussi longtemps ? Mettre des mots sur du papier peut être incroyablement compliqué quand on n’a pas les idées claires (voir le cycle CER plus haut). N’étant pas un écrivain professionnel, coucher les mots sur le papier peut être très aléatoire. Comme je ne veux rien laisser au hasard et surtout que je veux baisser le niveau d’énergie nécessaire pour commencer à rédiger, je construis une routine qui dédramatise l’action d’écrire.

Quand j’étais adolescent, je ne voulais écrire que des morceaux de bravoure, des poèmes à la hauteur d’un Rimbaud. Je suis resté bien souvent bloqué devant ma page blanche en attente de l’inspiration, avec un niveau d’angoisse de performance jamais égalé jusqu’à ce jour. « Ne pas me mettre la pression » est ainsi devenu mon Mantra et j’encapsule le tout dans une routine hyper rationnelle qui laisse de la place à la créativité. Tout le monde est content. CQFD.

« Lorsque les scientifiques analysent des personnes qui semblent avoir un énorme contrôle de soi, il s’avère que ces individus ne sont pas si différents de ceux qui sont en difficulté. Au lieu de cela, les personnes «disciplinées» sont mieux à même de structurer leur vie d’une manière qui ne nécessite pas de volonté héroïque et de maîtrise de soi. »

Atomic Habits

Au lieu de déclencher des angoisses de la page blanche à répétition, je sais que 80% du travail a déjà été réalisé quand j’approche l’étape 6 de ce processus. Si j’avais décidé d’écrire un article à partir de rien en une journée seulement, le résultat aurait surement été très superficiel et cela m’aurait mis dans un état de transe incroyable …

« Il y a un secret que les vrais écrivains savent que les écrivains en herbe ne connaissent pas, et le secret est le suivant : ce n’est pas l’écriture en soi qui est difficile. Ce qui est difficile, c’est de s’asseoir pour écrire. »

The War of Art

Quand j’ai du mal à me lancer dans le vide, je me pose les questions suivantes :

  • Comment j’expliquerais cela à ma grand-mère ou un enfant de 5 ans ? Rappelez-vous que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Autrement dit, écrire c’est penser.
  • Quelle partie vous pose le plus de problème ? Parfois trop d’informations tuent l’information et il faut faire des choix pour en retirer une certaine partie. Réfléchir en amont et faire des choix avant de commencer à rédiger peut vous aider. Dans ce cas précis, on revient à l’étape 4 d’arbitrage des idées : je vous avais bien dit que c’était un processus itératif.

L’écriture est la phase, peut-être la seule, où je fixerais des délais de production. Non pas parce que j’ai fait l’armée ou que je tripe particulièrement sur les contraintes mais parce qu’il est nécessaire d’entrainer son « muscle de la finition ». Les entrepreneurs en herbe le savent bien : plus on approche de la ligne d’arrivée, plus les choses à faire et les excuses pour ne pas y aller sont nombreuses. On appelle ça « l’effet Lindy ».

Vous vous retrouvez donc avec une dizaine d’articles en souffrance, complétés à 90% mais que vous n’arrivez pas à terminer. Un conseil donc : aller chercher du courage là où vous pouvez et allez jusqu’au bout de la session d’écriture. Vous pourrez passer à autre chose ensuite.

Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans la même situation : dimanche après-midi ensoleillé à rédiger pour pouvoir livrer l’article demain. Sacré défi.

« La résistance est la plus puissante à la ligne d’arrivée. »

The War of Art

12- Clause de non-responsabilité personnelle

Je tiens à préciser encore une fois que ce processus me convient puisque je l’ai créé pour moi, construit sur mes contraintes personnelles. De plus, j’écris pour un blog personnel sans avoir de délais à respecter (sauf à ceux que je me donne) ni d’éditeur à impressionner. Je cherche avant tout à sortir des articles qui m’intéressent et dont je suis fier. J’imagine que ce processus serait beaucoup plus difficile à mettre en place dans un environnement rémunéré.

Néanmoins, je suis certain que cette « boucle itérative » constitue un mode opératoire qui a pour vertu de se multiplier dans tous les domaines de « l’esprit ». Non seulement pour écrire et « produire » de la connaissance mais aussi pour apprendre à réfléchir plus clairement. J’en reparlerai certainement dans un prochain article mais il semblerait qu’on pourrait appeler tout ceci un embryon de la Noosphère …

13- Just do it !

Comme dirait la marque au swoosh, je vous encourage à vous concentrer sur le processus et non sur le résultat. Beaucoup de vos articles, comme beaucoup des miens, seront des échecs. Il est très probable que mêmes vos meilleurs articles ne seront jamais remarqués.

Alors pourquoi écrire, me demanderez-vous ?

La meilleure façon d’améliorer vos compétences en écriture est d’écrire (et d’écrire beaucoup). Si vous vous concentrez sur un processus qui vous aide à acquérir de nouvelles compétences, notamment votre capacité à analyser et à traiter les informations efficacement, je peux vous garantir que votre courbe de progression sera impressionnante.

C’est vrai pour toutes les compétences que vous souhaitez acquérir : il n’y a pas de méthode magique. C’est un éternel recommencement pour passer de niveau moyen à excellent. Et il ne peut en être autrement avec l’écriture : un article ne s’écrira jamais lui-même. Vous êtes donc responsable de sa création 🙂

En définitive, il y a peu de choses plus gratifiantes que d’être capable de regarder le résultat de votre travail et d’être fier de l’oeuvre que vous venez de commencer à rédiger. Alors, allez-y, créez un processus qui fonctionne pour vous et faites savoir au monde ce qui vous tient à coeur.

« Le professionnel sait que le succès, comme le bonheur, est un dérivé du travail. »

The War of Art

14- Récapitulatif des outils présentés

Je parle de 7 outils principaux qui m’ont beaucoup aidé dans la définition de mon processus de rédaction et dans l’amélioration de la gestion du flux d’informations.

Je vous conseille vivement d’essayer les outils de recherche et de collaboration, ils devraient changer votre vie d’écrivain. Tout devient tellement plus facile et interconnecté (entre vos appareils électroniques notamment). Vous n’aurez plus peur de « perdre » des idées en chemin.

Outils de recherche recommandés en étape #4 :

Pour les outils SEO, je comprends que cela puisse vous impressionner de prime abord mais le plus difficile est se jeter dans le bain. Dites-vous que vous allez savoir un peu plus ce qui se passe dans la tête de vos futurs lecteurs, que vous allez acquérir (c’est bien le mot) des talents immédiats de mentaliste. C’est très utile quand on désire augmenter son lectorat …

Outils SEO recommandés en étape #2 :

Je vais aussi certainement réaliser une vidéo de l’installation de ces outils dans un avenir que j’espère pas trop éloigné. Dites-moi quels seraient les outils que vous utilisez et que vous voudriez voir abordés dans cette vidéo.

Merci pour votre patience.

Patrice, juillet 2019 - février 2020

 

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